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Cycle de vie (1)
1 ou 2 générations en France, parfois 3 dans le Midi. Les adultes apparaissent de fin avril à fin mai. Ils s'accouplent et pondent sur les feuilles, les rameaux ou les jeunes fruits. Les oeufs éclosent à la fin du mois de mai. La larve connaît d'abord un "stade baladeur" (2 à 5 jours). Après quelques morsures d'exploration, elle pénètre dans un fruit, au point de contact de 2 fruits, ou d'une feuille et d'un fruit, ou au niveau du pédoncule, ou de l'oeil. A la fin de son développement, elle quitte le fruit et tisse un cocon dans un abri. Ensuite, elle peut suivre deux évolutions : soit, elle se nymphose et donne un papillon de 2ème génération, soit elle entre en diapause. Les larves dont la croissance se termine d'août à octobre entrent toutes en diapause. Elles hivernent au 5ème stade dans un cocon soyeux tissé dans les anfractuosités du tronc ou dans divers abris sur le sol. La chrysalide se forme en avril.
Dégats (1)
Sur fruits à pépins, autour du trou d'entrée de la jeune larve, zone rongée, suivie d'une galerie en spirale, prolongée par une galerie aboutissant directement aux pépins dévorés par la larve. Sur noix, la larve chemine à travers le brou et pénètre jusqu'à l'amande ; lorsque celle-ci durcit, la larve sort par le hile ou reste dans le brou. Les fruits attaqués présentent des traces de piqûres qui les rendent non commercialisables. Le rendement s'en trouve également impacté par une chute importante des fruits. Les variétés de poires tardives ou de saison sont peu sensibles durant la 1ère génération car leur épiderme est dur.
Lutte en agriculture biologique
Le principe est basé sur la détection des vols de carpocapse (petit papillon de nuit d'environ 15 mm de long). Un relevé de température dès le début du vol. NB : Les infos que je vous communique ici (en terme de date) ne sont valables que dans un rayon de 15 à 20 km, soit le secteur Lannion/Perros-Guirec. Pour ce faire, fin mai, je place dans le verger, un petit abri sur lequel j'ai fixé une plaque engluée. Sur cette plaque je dépose une capsule de phéromone (2). Cette capsule dégage l'odeur de la femelle du carpocapse. Lorsque les températures nocturnes vont atteindre 12 à 13°C, il va y avoir vol du carpocapse. Le mâle pensant avoir détecté une femelle va venir s'engluer sur la plaquette. Lorsque le nombre de captures quotidien va être de l'ordre de 3 à 4 papillons, je commence à enregister les températures Max et Min pour en déduire une température moyenne. A cette T° Moyenne, je retire 10 et je vais les cumuler au fil des jours. Par exemple : Le jour 1, je relève 15°C. Je ne garde que 5. Le jour suivant, j'ai 17°C, je garde le 7 et je l'additionne au "5" de la veille soit 12 de T° cumulée. Lorsque le cumul des températures ainsi calculé va atteindre 80 à 90°, je procède au traitement avec un produit agréé AB, la carpovirusine (produit à base de virus de la granulose). La date de traitement est donnée avec une précision d'environ 4 à 5 jours. Il est donc inutile de traiter en dehors de cette plage. Avant : La larve n'est pas encore au stade suffisant pour pénétrer dans le fruit. Après : C'est trop tard, la larve est déjà dans le fruit! Il arrive même qu'il n'y ait pas besoin de traiter. Je m'explique ... On peut assimiler le cycle de ponte, incubation et éclosion du carpo à celui d'une poule, sauf qu'ici le carpo ne couve pas (!!), il est remplacé par une couveuse, en l'occurence la température ambiante. Plus il fait chaud, plus l'éclosion interviendra tôt. A l'inverse, bien qu'il y ait eu vol de carpo, accouplement puis ponte, si dans les jours suivants la météo se dégrade et que la température baisse, le laps de temps pour atteindre les 80 ou 90° va s'allonger. S'il dépasse les 3 à 4 semaines, il est inutile de traiter. Un peu comme pour nos oeufs de poule, si au bout d'un mois (durée normale d'incubation de l'ordre de 21 jours), il n'y a toujours pas de poussins, inutile de maintenir la poule sur le nid !! Dans notre secteur côtier, une seul traitement suffit généralement pour toute la saison. En cas de canicule ou pour les régions "centre Bretagne" un seconde traitement sera effectué mi-août, fin août sur la base de relevés comme décrit ci-dessus. Concernant la capsule de phéromone, il convient de la changer environ toutes les 2/3 semaines.